mercredi 1 juin 2016

Laisse-toi faire... #1

Elle a onze ans, elle fait de la gymnastique et rêve de ressembler à Nadia Comaneci, son idole. Dans son club il y a Stéphanie, c'est une très bonne copine. Il lui arrive d'aller dormir chez elle de temps en temps. Leurs parents se connaissent et ils s'aiment bien. 
Un vendredi soir, Stéphanie lui propose de venir dormir chez elle, ainsi elles pourront passer la soirée et la matinée ensemble avant d'aller à l'entraînement du samedi après-midi. Ses parents ont invité son parrain et son « amie » (en langage adulte, son "amie" veut dire sa maîtresse), sa mère aura préparé un bon plat et commandé un gâteau à la pâtisserie. Elle demande à ses parents, ils sont d'accord, elle passe donc chercher des affaires de rechange chez elle et repart aussitôt chez sa copine. Quand elle arrive, son parrain est déjà là. C'est un monsieur d'une quarantaine d'années, qui parle et rigole beaucoup, et regarde les gamines avec insistance. Les adultes prennent l'apéritif. Sont présents : les parents de Stéphanie, son grand frère (qui doit avoir une vingtaine d'années), son parrain et son amie, Stéphanie et elle. Ça picole pas mal ce soir-là. Le parrain de Stéphanie lui demande qui elle est, elle explique qu'elle est une amie du club de gym. Les parents de Stéphanie ont alors une idée complètement stupide : ils demandent aux gamines d'aller mettre leurs justaucorps et de leur montrer la petite chorégraphie qu'elles préparent pour la prochaine compétition. Elle n'aime pas beaucoup les exhibitions de ce genre, elle ne se sent pas l'âme d'un singe savant, mais ils insistent lourdement alors, pour avoir la paix, elle accepte de faire l'andouille avec Stéphanie qui, elle, semble y prendre beaucoup de plaisir. Justaucorps enfilé, musique, c'est parti pour le mini spectacle. Elle se sent complètement ridicule, un salon n'est pas une salle de gym, des adultes à moitié saouls ne sont pas un jury idéal. Après la petite démonstration elle veut se rhabiller, mais ces idiots insistent pour qu'elles restent ainsi car « elles sont tellement mignonnes ! » Tout le monde passe à table, les gamines dans leurs tenues ridicules. Au menu, coq au vin et gâteau dont la crème a tourné. Elle est malade, elle a mal au ventre, la tête lui tourne. Après le repas elle s'assoupit sur le canapé. C'est la main du parrain qui la réveille, elle est posée sur sa cuisse et remonte doucement. Elle n'aime pas ça, elle est mal à l'aise, elle repousse sa main mais il recommence. Plusieurs fois elle repousse sa main, plusieurs fois il la repose. Elle est nauséeuse, dans une espèce de brouillard, ça tourne. Elle essaie de se relever, il la retient par les épaules. Elle regarde autour d'elle, les « grands » continuent à parler, à rire. Mais ne voient-ils donc rien ? Elle n'ose pas lui dire d'arrêter, elle a peur de passer pour une impolie, elle n'est pas chez elle et elle doit dormir ici, donc pas question de faire un scandale. Il est tard, trop tard pour appeler ses parents, et de toute façon ils n'ont pas de voiture, comment viendraient-ils la chercher ? Elle essaie encore de le repousser, de se relever, mais à chaque fois il la retient, recommence son manège, remonte sa main, insiste. « Laisse-toi faire, je ne fais rien de mal » lui dit-il doucement. Les autres, ils rigolent, ils font semblant de ne rien remarquer, ils parlent de tout et de rien. 
Elle ne sait pas combien de temps ça dure, ça lui semble infiniment long, mais au bout d'un moment les « grands » ont enfin la bonne idée d'envoyer les gamines se coucher. Enfin la libération ! Elles filent dans la chambre, elles se mettent au lit, et les grands viennent leur souhaiter une bonne nuit. 
- Tu as déjà embrassé un homme ? lui demande alors le parrain en se penchant au-dessus du lit.
- Non, répond-elle (à onze ans la réponse semble plutôt logique!).
- Je vais te montrer… Et il le fait, vraiment, pas comme un adulte embrasse une gamine, mais comme un homme embrasse une femme. Les autres rigolent, ils trouvent ça très drôle. Elle non. 
Après ça il veut lui faire "des papouilles, pour rire" (décidément ils n'ont pas le même humour!). Elle remonte la couverture sur elle, pensant qu'il n'osera pas insister, mais il ne se gêne pas pour la rabaisser et recommencer le même manège qu'au salon. Elle est bloquée contre le mur, elle se retourne pour qu'il n'ait "plus rien à se mettre sous la main", mais ça ne l'empêche pas de continuer. Même là, dans la chambre de son amie, elle n'est pas à l'abri. Les autres sortent de la chambre, le parrain reste "pour dire bonne nuit aux gamines". Elle entend les "grands" rire à côté, continuer à parler, et pendant ce temps le parrain recommence son manège, ses mains insistent, "c'est pour rire" dit-il! Et puis les "grands" viennent le chercher, il est tard, les gamines ont un entraînement demain, il faut les laisser dormir maintenant. Ils sortent de la chambre, ferment la porte... et elle pleure. 


À suivre...

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