samedi 25 juin 2016

La vie rêvée de l'aide à domicile. #2

Un témoignage de Sophie, auxiliaire de vie dans une entreprise de services à la personne.


Je suis déléguée du personnel. Il y a deux ans j'ai demandé expressément à ma gérante de mettre en place le temps de déplacement. Obligatoire. On m'a ri au nez mais on m'a toutefois envoyé un courrier m'assurant que ça allait être fait.
Je n'y ai jamais cru mais après tout si une bande de dindes accepte de se faire voler au détriment de leur sécurité et et de leur confort de travail.... Je ne vais pas me battre pour des esclaves qui se foutent de la convention.
Aujourd'hui chez un client la gendarmerie m'a téléphoné. Ma fille a pris de plein fouet une voiture en vélo.
Cale pied enfoncé dans le mollet, scanner du tronc cervical etc...
La gamine choquée que qui a failli tuer ma fille est rentrée dans ma boîte il y a quelques mois et est censée être à deux endroits a la fois. Elle n'a pas de temps de déplacement.
Certaines collègues me reprochent parfois mon agressivité et mon ton cru.
Toutes celles qui s'assoient sur nos droits je leur souhaite d'avoir une gosse qui s'éclate sur leur capot. Ou même de glisser et de se briser une épaule comme une de mes collègues.
J'étais encore aux urgences que ma boss m'envoyait un texto pour me dire que les heures manquées seraient à rattraper.
Ma fille ne peut pas monter les escaliers seule. Et bien croyez le ou non je suis censée, à partir de lundi, aller chez un nouveau client de 17h à 19h. Ça fait cinq ans que je travaille dans cette boîte, et quatre ans et demie que je travaille de  8h à 13h et de 14h à 17h. J'élève seule mes deux enfants, la gérante sait depuis longtemps que je ne suis pas disponible après 17h, et pourtant...

Pour info, la convention collective dont dépend l'entreprise de Sophie est la Convention collective nationale des entreprises de services à la personne du 20 septembre 2012 (cc 3217). Vous pouvez la consulter ici.

Concernant les temps de déplacement entre deux interventions, il est précisé au Chapitre II, section 2 :

e) Temps de déplacement entre deux lieux d'intervention
Le temps de déplacement professionnel pour se rendre d'un lieu d'intervention à un autre lieu d'intervention constitue du temps de travail effectif lorsque le salarié ne peut retrouver son autonomie.
En cas d'utilisation de son véhicule personnel pour réaliser des déplacements professionnels, le salarié a droit à une indemnité qui ne peut être inférieure à 12 centimes d'euros par kilomètre.
f) Temps entre deux interventions (1)
Les temps entre deux interventions sont pris en compte comme suit :
-en cas d'interruption d'une durée inférieure à 15 minutes, le temps d'attente est payé comme du temps de travail effectif ;
-en cas d'interruption d'une durée supérieure à 15 minutes (hors trajet séparant deux lieux d'interventions), le salarié reprend sa liberté pouvant ainsi vaquer librement à des occupations personnelles sans consignes particulières de son employeur n'étant plus à sa disposition, le temps entre deux interventions n'est alors ni décompté comme du temps de travail effectif, ni rémunéré.

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