mardi 29 avril 2014

Deuil (2)

Un an.
L'an dernier, à la même date, nous étions en Alsace. Une jolie virée en famille, avec de belles rencontres. Une petite pause, entre nous, loin de tout, pour se remettre d'une année difficile. Une petite pause qui a tourné court, un lundi matin, après un coup de téléphone affolé de belle-maman. Un retour en catastrophe, en pleurs et en silence. Le retour à la vie normale, la vie pourrie, celle qui nous rend orphelins. Retour au deuil et à la tristesse. Qu'est-ce qu'on croyait? Qu'on pourrait y échapper en partant loin?
Un an plus tard. Il s'est passé tellement de choses depuis. Il y a eu d'autres deuils. Saleté de vieillesse, saleté de cancer! Il y a eu des épreuves. Des brouilles familiales et des silences aussi assourdissants que des cris. Il y a eu de la solitude, des doutes et des pleurs.
Mais il y a eu de la joie aussi, des amis, des bonnes nouvelles. De nouvelles rencontres, de nouveaux projets.
Il y a la vie qui continue. Il y a ceux que l'on laisse derrière nous et que l'on n'oublie pas. Il y a leurs sourires et nos souvenirs. Il y a ce bonheur qu'on espère, un jour, pour nous, pour nos enfants. Il y a ces quelques mots, ici et .
Mes parents me manquent. Mon beau-père me manque. Ils me manquent tous les jours.
Un an, deux ans, quinze ans... qu'importe... C'est comme s'ils étaient morts hier. Je regarde les enfants qu'ils ne verront pas grandir, je pense aux projets qu'ils n'auront jamais connus... On avance, sans eux, mais avec ce qu'ils nous ont transmis, leurs valeurs, leur bienveillance... leur amour, tout simplement. On avance en pensant à eux, un peu comme s'ils étaient encore à nos côtés, une présence discrète et silencieuse. Avec leurs sourires et nos souvenirs, leur passé et notre avenir.

1 commentaire: