mardi 24 décembre 2013

Noël (2)

Il y a deux ans, Noël était encore une fête de famille. Un mari, une fille, un bébé à venir, des beaux-parents, un père et son épouse... Une famille quoi. Oh bien sûr tout n'était pas rose, il y avait ce doute qui planait sur l'enfant à venir, il y avait cette fatigue au boulot, et puis, il y avait mon père qui ne mangeait rien, parce qu'il avait "comme une gêne" dans la gorge. Une gêne... Ben oui, tu m'étonnes!
Un enfant et deux papas morts plus tard, revoilà Noël. La fête, les lumières, le réveillon, les cadeaux, la joie de vivre... Foutaises!
Il manque mon père, il manque mon beau-père, et je n'ai pas invité la veuve de mon père.
Alors certes, il y a de jolies choses : Georges est né et il va bien (et en plus il est beau...), je fais une formation d'aide-soignante et c'est plutôt chouette, notre maison a survécu à la tempête Dirk et au tremblement de terre...
Malgré ça, Noël ne m'enchante plus. Cette année, je n'ai pas fait de sapin, je n'ai pas parlé du père Noël à Georges avec un ton faussement enjoué, je n'ai pas feuilleté les catalogues de jouets avec Amélie, je n'ai pas préparé de repas de Noël, je n'ai pas appelé la famille, je n'ai pas écrit non plus. Comble du désenchantement, je n'ai pas fait un seul cadeau. Pas un seul. L'avantage, c'est que j'échappe à la faute de goût!
Ce n'est pas que je n'aime pas Noël, non... C'est juste que je m'en fiche. Non, pardon... Je m'en fous. Voilà, c'est ça le terme exact : je m'en fous.
Noël, fête de famille? Ma propre famille ne prend même plus la peine de me prévenir des décès qui la touchent. C'est comme si, avec la mort de mes parents, on avait effacé leur descendance de l'arbre généalogique.
Noël, fête du partage? Qui partage qui avec quoi? Je rêve d'un Noël sans cadeaux, sans la course obligatoire à l'achat de dernière minute, merde, on a oublié tata Fernande, qu'est-ce qui pourrait lui faire plaisir? Un Noël "mains vides", sans stress et sans souci, avec juste le plaisir d'être ensemble, tout simplement.
Noël, fête des bonnes résolutions? Bon alors, cette année, je promets d'avoir mon diplôme, d'arrêter de gueuler sur tout le monde dès que je suis contrariée (c'est pas gagné), d'arrêter de dire du mal des autres (ah ben non, qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter?)... C'est déjà beaucoup non?

Allez, soyons fous, faisons un rêve : pas de mort l'année prochaine, un diplôme et du boulot, et surtout, surtout, plein de belles émotions à partager!

Joyeux Noël les gens, restez simples, c'est ce qu'il y a de plus facile!