jeudi 4 avril 2013

Une fin... Et un début

Il y a quelques mois, quand j'avais encore un boulot (et un père), j'ai fait part à Madame Grandchef de mon désir de formation. Parce que bon, j'ai un bac qui ne me sert pas beaucoup (enfin si, il me sert à savoir lire et écrire, pour tenir un blog c'est important), un diplôme de moniteur-éducateur qui ne me sert à rien d'autre qu'à me faire mousser auprès des éventuels employeurs d'aides à domicile (mais bizarrement, pour les employeurs de moniteurs-éducateurs, ça marche pas, j'ai pas assez d'expérience), un vague brevet de secourisme et... Ben rien. Quelques formations professionnelles, de l'expérience en veux-tu en voilà, mais ça paye pas tout ça. Parce que dans ce boulot, ce qui compte ma ptite dame, c'est LE DIPLÔME! Le fameux DEAVS, à la limite le titre d'assistante de vie aux personnes, la panacée des quinquas au chômage, la gloire de Pôle Emploi qui reconvertit n'importe quelle chômeuse longue durée en super auxiliaire super efficace super efficiente (et je m'excuse par avance auprès de toutes les quinquas au chômage). Sauf que moi, le diplôme, je l'ai pas. J'ai un bac, j'ai un diplôme, j'ai de l'expérience, j'ai deux gosses, j'ai un blog (ah oui mais ça je peux pas le dire), j'ai même une R19 (contrôle technique OK, yes!), mais j'ai pas le DEAVS.
Qu'à cela ne tienne, pensais-je naïvement (je vous ai déjà dit que j'étais naïve?), il me suffit d'exprimer mon secret désir d'ascension sociale à Madame Grandchef et celle-ci, dans sa grande mansuétude et sa profonde humanité (et surtout, dans son devoir d'employeur), m'orientera vers le diplôme tant convoité (admirez au passage la tournure de la phrase, vous le sentez passer mon bac littéraire avec mention là?). Je m'égare. Aussitôt pensé, aussitôt fait, et c'est fraîche et pleine d'entrain que je formulai ma demande.
Non. No. Nein. Pas question. Même pas en rêve. Va crever ailleurs espèce de sous-merde (ah non, pardon, je digresse).
Bref. C'était clair. Et sans appel. Arguments invoqués?
"Les budgets sont bouclés, désolée." (euh... trois ans à l'avance?)
"La VAE? Mais vous n'y pensez pas, vous n'êtes ab-so-lu-ment pas prête!" (ben heu, si j'essayais, je saurais)
"Un diplôme d'AMP ou d'aide-soignante? Non, nous ne finançons que ce qui a trait à l'aide à domicile." (qui parlait d'ascenseur social à propos des formations professionnelles au fait?)
Finalement, la question de la formation a été vite réglée, en même temps que celle de mon renouvellement de contrat. Bye bye Babeth, et sans rancune hein!?
Non, sans rancune, enfin presque.
J'ai fait une croix sur mon boulot ET sur ma formation. La vie a continué. Et puis il y a eu une rencontre. Une grande rencontre, avec plein de gens. Et parmi ces gens, il y avait un homme qui venait de réussir un concours. On en a parlé, un peu, j'y ai réfléchi, beaucoup. Les mois ont passé. Georges, mon père, de longs moments passés dans les hôpitaux, dans différents services. Des médecins, des brancardiers, des infirmiers, des ASH, des spécialises divers et variés... et des aides-soignants. Re-découverte. Finalement, nos métiers se ressemblent, mais eux travaillent en équipe, dans un cadre, alors que je travaille seule, livrée à moi-même. Je les observe. Je discute avec eux. Je trouve auprès d'eux des sourires, des paroles réconfortantes, de la douceur (oui, de la douceur, et à l'hôpital c'est important la douceur)... Empathie. Je trouve en eux ce que je voudrais être dans mon travail. Ils finissent de me convaincre.
Je m'inscris donc au concours, quasi en secret. Je ne mets pas grand-monde au courant car j'ai peur que ça me porte la poisse (ben oui, avec la chance que j'ai!). Deux concours, deux oraux (mon bac a au moins un mérite, il me dispense de l'écrit). Et l'attente, la longue attente. Jusqu'à aujourd'hui. Après une nuit blanche, j'ai passé la journée à guetter les résultats sur internet. Pour rien. La poisse jusqu'au bout je vous dis. Finalement, on a réparti les tâches : mon mari est allé dans une école, moi dans l'autre. Mauvaise pioche pour mon mari, bonne pioche pour moi. Liste complémentaire dans une école, liste principale dans l'autre. Champagne!
Voilà. Ça c'est fait. Enfin non, c'est à faire. Mais je ne m'inquiète pas. Je sais que je vais adorer. J'ai hâte de commencer. Hâte de vous raconter aussi.
Alors, pour le jeune homme qui m'a parlé de ce concours (et qui ne se reconnaîtra pas vu que je ne crois pas qu'il lise ce blog, mais son compagnon si, donc si le compagnon en question se reconnaît, c'est bien aussi) : MERCI.
Pour l'équipe du service où était hospitalisé mon père : MERCI.
Pour les quelques personnes qui étaient au courant et qui m'ont encouragée, tout en sachant garder le secret : MERCI.
Et pour Madame Grandchef qui m'a foutu dehors comme une merde en me faisant bien sentir que j'étais une moins que rien : va te faire foutre connasse!

(Et sinon, n'oubliez pas de voter hein! Pour rappel, c'est )

mercredi 3 avril 2013

Activisme

Vous vous souvenez de ce que vous faisiez le 2 octobre 2010? Non? Moi oui : je débutais ce blog. J'avais un boulot que j'aimais et je me croyais à l'abri du chômage, je vivais dans un HLM un peu glauque mais je savais que j'en partirais bientôt, j'étais maman d'une petite fille et j'espérais que la famille s'agrandirait.
Deux ans et demi plus tard, j'ai quitté mon HLM, la famille s'est agrandie, et je suis (presque) au chômage. Deux points sur trois, c'est pas si mal en fait. Et puis, last but not least, le blog continue. Au début j'avoue que je n'avais pas d'idée précise, je voulais juste écrire, raconter, vider un peu mon sac. Des blogs, il y en a plein, partout, tenus par plein de monde, alors un de plus un de moins...
Alors j'ai écrit. Des petites choses, des émotions, des histoires... Timidement d'abord. Des billets courts, des sentiments un peu vagues. Et puis, au fur et à mesure, l'envie d'écrire est devenue plus importante, plus fréquente. Le blog a pris de plus en plus de place et, avec lui, tout ce qui tournait autour. Il y avait mon boulot, ma famille, ma vie, tout ce qui était "moi", et il y avait Babeth, son boulot, ses lecteurs. Moi et Babeth. Babeth et moi. Moi et MES amis, Babeth et SES amis. Une frontière nette entre les deux.
Et puis, une IRL. Je deviens Babeth, je rencontre des gens, Babeth devient moi. Certaines personnes que je connaissais via Babeth deviennent des gens que je connais en vrai, des gens que je n'appelle plus par leur pseudo mais par leur prénom. La frontière n'est plus si nette. Cela ne me dérange pas, au contraire. J'aime bien ce mélange de vies, j'aime ce que je découvre. Mon secret est bien gardé, peu de gens connaissent ma double identité. J'avance sans crainte, dans une vie comme dans l'autre, et je dois avouer que je trouve cette situation plutôt excitante.
Le blog vit sa vie. Les requêtes que je vois passer dans les stats me font parfois grincer des dents (que celui ou celle qui se morfond chaque semaine avec "auxiliaire de vie boulot de merde" se dénonce!), mais je me rends compte que le blog est plutôt bien indexé.
D'ailleurs, tout à l'heure, en lançant la requête "blog auxiliaire de vie", j'ai eu une jolie surprise : 


Surprise et heureuse de voir que ce que j'écris est lu. Regain de mégalomanie? Non. Juste sincèrement heureuse qu'on puisse s'intéresser à un métier qui ne fait pas franchement rêver.

Du coup, j'en viens à la deuxième surprise de la journée : The BOBS. Noooon, pas le bob Ricard de quand on était gosse voyons! BOBS comme Best Of Online Activism. Vous ne connaissez pas? Rassurez-vous, moi non plus! C'est tout expliqué ici : https://thebobs.com/francais/
Bref, y a une histoire de blogs, une histoire de votes, et y a une corrélation entre les deux. Rien à gagner, rien à perdre, mais autant vous l'avouer, je suis très très très fière (oui, très très très, parfaitement!) d'être dans les finalistes, surtout que j'ai appris ça ce matin, apprenant par la même occasion que je participais à un concours! Oui parce que dans l'histoire, la vraie surprise c'est que je ne savais même pas que j'étais inscrite! Bref, je m'égare.
Il y a donc 34 catégories, vous me trouverez dans la catégorie "meilleur blog français". On peut voter tous les jours jusqu'au 7 mai, c'est ici que ça se passe : https://thebobs.com/francais/category/2013/best-blog-french-2013/  (et soit dit en passant, y a plein d'autres catégories très chouettes, avec plein de blogs à découvrir).

Voilà voilà!