jeudi 13 juin 2013

Joyeux anniversaire!

Semaine de tous les dangers.
Georges marche. C'est chouette un petit bonhomme qui grandit. Il aura un an dans dix jours. Un an, déjà.
Ce qui veut dire que ça fera bientôt un an que mon père est mort. Demain il aurait dû avoir 65 ans. Voilà, je vous laisse imaginer mon humeur du soir.
L'an dernier, nous savions tous que c'était son dernier anniversaire avec nous. Chez nous, les anniversaires, c'est assez classique : une bonne bouffe et des cadeaux. Sauf que quand on a un cancer de l'oesophage et qu'on est perfusé, une bonne bouffe... On aurait pu se rattraper sur les cadeaux, mais on a un peu manqué d'inspiration. Parce que bon, concrètement, on offre quoi à quelqu'un qui va mourir dans (très) peu de temps? Vous avez déjà réfléchi à ça vous? Moi oui. L'an dernier. Et je peux vous dire que c'est pas simple. Fort heureusement, Borée a eu l'excellente idée de publier son livre à cette période. Un livre, c'est bien, ça fait passer le temps, surtout quand c'est bien écrit, et on peut raisonnablement espérer le finir avant de mourir. Donc voilà, j'ai offert le livre à mon père, et il était content. Et moi-aussi, parce que j'avoue que j'étais pas mal fière de pouvoir lui dire que je connaissais l'auteur en vrai. Bon, par contre, pour la fête des pères... Bref.
Et cette semaine, re-voilà le 13 juin. Et la fête des pères. La même semaine. Donc forcément, grosse déprime. J'aurais pu me dire qu'on allait fêter ça avec beau-papa mais non. Raté. Du coup je sens venir la tristesse au grand galop pour mon mari et moi. Un mauvais moment à passer.
Allez, positivons. Un cadeau d'anniversaire et deux cadeaux de fête des pères en moins à acheter! Comment ça je suis ignoble? Non, juste pragmatique. Je vais vous expliquer pourquoi. Rassurez-vous, ce ne sera pas long, je tombe de sommeil et j'ai hâte d'aller déprimer sous ma couette.
Je suis donc au chômage depuis le mois de septembre. Enfin non, pas tout à fait, c'est plus compliqué que ça. Disons que j'ai perdu mon emploi principal (30h/semaine) mais que j'ai conservé mon emploi secondaire (3h/semaine). Pôle Emploi a eu beaucoup de mal à comprendre cette petite phrase, et j'ai dû aller plusieurs fois le leur expliquer. Calmement. Sans m'énerver. Alors que la seule envie que j'avais, parfois (souvent), c'était de faire bouffer ma fiche de paie à l'employée de l'accueil. Mais c'est une autre histoire. Bref, il a fallu plusieurs mois de négociations pour que mon (tout) petit salaire ne soit plus déduit de mes allocations. Parce que bon, sur 690 euros d'allocation, quand on enlève 70 euros de salaire pour l'activité conservée, ça fait pas lourd (oui, cher lecteur, tu as bien lu : 690 euros, ça fait rêver hein?).
Et puis, ô joie, ô divine surprise, Pierrette se casse le poignet (désolée Pierrette, en vrai je t'aime bien) et je la remplace. C'est pas lourd hein, 13h par semaine, mais bon, ça m'occupe, c'est un boulot sympa, et puis vu que mon petit contrat de 3h/semaine prend fin ce mois-ci, ça me permet de continuer à travailler, histoire de ne pas devenir une nantie de chômeuse avachie en pyjama/charentaises/bigoudis devant les feux de l'amour! Et accessoirement, je me dis que ça mettra un peu de beurre dans les épinards.
Mais ça, c'était sans compter sur Pôle Emploi.
Début juin, le boulanger me paie. Deux semaines de travail, soit 150 euros. Mon autre petit contrat (celui de 3h/semaine, vous suivez?) n'est pas payé puisque la dame est hospitalisée. Ben oui, elle est pas là, donc je bosse pas, donc voilà : pas de boulot, pas de salaire, logique! Du coup, j'ai posé les quelques congés qui me restaient à prendre, ce qui va me faire un salaire mirobolant de... 35 euros!!! Pour résumer, ce mois-ci je dois donc compter sur les 690 euros de Pôle Emploi, les 150 euros de la boulangerie et les 35 euros de Madame Petitchef. J'ai connu pire, ça devrait le faire. Sauf que... Ben oui, vous vous doutiez bien que c'était trop simple!
Sauf que Pôle Emploi ne me paye que quand ils ont mes fiches de paie en leur possession. Celle du boulanger, pas de problème, je l'ai reçue très vite, mais celle de Madame Petitchef... Une fois les fiches de paie arrivées, il faut en remettre une à mon agence locale et il faut envoyer l'autre à Arras. Ah ben oui, c'est compliqué, il y a une activité conservée ET une reprise d'activité, alors ça fait deux traitements différents (je vous rappelle que c'est vos impôts qui payent tout ça, je dis ça comme ça hein). Donc, le temps de recevoir mes fiches de paie, puis le temps que qu'Arras reçoive tout ça, puis le temps que tout ça soit pris en compte, nous voici presque à la mi-juin, le banquier s'étrangle de stupeur devant mon compte, on mange des pâtes à toutes les sauces (sauce camembert, sauce tomate, sauce gruyère, sauce sans sauce) et miracle, le fameux versement arrive! Je vous rappelle que ce mois-ci j'avais naïvement compté sur 690+150+35 euros, soit un total hallucinant de 875 euros! Ben non.
Pôle Emploi, qui est joueur, trouve que décidément, je suis une putain de nantie de travailleuse, donc mon allocation est (très légèrement) revue à la baisse. 590 euros. Joie.
Donc, deux semaines de boulot valent 50 euros. OK. Je me plains pas hein, en Chine je peux vivre un mois avec 50 euros, facile!
Je rappelle en passant que si je m'étais contentée de ne pas bosser, j'aurais actualisé ma situation fin mai et aurais perçu mes 690 euros d'allocations début juin, ce qui aurait évité à mon cher et tendre banquier (vous le sentez tout mon amour là?) de se faire des cheveux blancs. Accessoirement, ça m'aurait aussi économisé de l'essence (oui parce que je vais bosser en voiture... Je suis une nantie j'vous dis).
Du coup, je relativise vachement par rapport à la semaine pourrie qui m'attend.
Parce que bon, d'accord on est tristes, je déprime, mon frère déprime, mon mari déprime, mes belles-mères dépriment. Mais bon, positivons, on économise trois cadeaux. Et ouais!

Elle est pas belle la vie?

PS : il est minuit. Joyeux anniversaire papa. Cette année t'auras pas de cadeau mais ça m'empêche pas de t'aimer. Très fort. Tu me manques.

10 commentaires:

  1. et encore chez moi ils ont fait pire à pole emploi : depuis 15 -20 ans j'employais une femme de ménage à la maison et au cabinet en gros 6h/semaine en CDI
    pendant longtemps j'ai été son seul employeur et puis un jour elle a trouvé de temps en temps du boulot à l'usine du coin en remplacement. dans ces cas là elle donnait priorité à l'usine et dès que l'usine stoppait le contrat elle avait droit à des allocations chomage. ben oui mais pole emploi sous pretexte du CDI chez moi de 6h lui a complètement sucré ses allocs et pour qu'elle les retrouve il a fallu qu'elle démissionne de son CDI chez moi ! du coup elle travaille chez moi en CDD via l'assoc de chômeurs du coin ! c'était la seule solution...
    je te souhaite de sortir rapidement des serres de pôle emploi et de trouver du boulot pour les épinards et le beurre salé qui leur donne du gout.
    je frémis en te lisant par rapport aux anniversaires et à la fête des pères
    des bises amicales


    RépondreSupprimer
  2. Le système marche sur la tête... C'est délirant de pénaliser autant ceux qui se démènent pour travailler au moins un peu!

    Pour le reste, des câlins , des bisous, et une tendre pensée pour vos papas...

    RépondreSupprimer
  3. On a tous connu des travailleurs qui comptent leurs heures pour ne pas gagner plus à rester au chômage. J'espère que la situation va bientôt se stabiliser ou plutôt repartir vers du mieux.
    Je ne peux imaginer la douleur de ce triste anniversaire, qui est en plus mélangée avec la joie de Georges qui grandit.
    Courage à vous deux pour la fin de la semaine.

    RépondreSupprimer
  4. Nouchette et moi on te fait des gros bisous réparateurs de chagrin.
    Bon. Ils marchent pas bien sur les trous à la banque mais on peut pas tout faire non plus hein !

    RépondreSupprimer
  5. On se lasse moins vite des pâtes que du caviar ! À moins de connaître beaucoup de sauces qui vont avec le caviar... Je n'en connais pas.

    RépondreSupprimer
  6. 22 ans cette année que je n'ai plus la possibilité de fêter la fête des pères.. et après 22 ans, ca me fait encore un pincement au coeur à chaque fois..
    je crois qu'on ne s'y fait jamais.. désolée..
    et cruche comme je suis, j'ai trouvé un mari qui n'a pas de père non plus !!

    Bises ma belle

    RépondreSupprimer
  7. Bonjour,

    Je vais faire un petit commentaire qui peut paraître déplacé au milieu de toute cette peine et de vos soucis, veuillez m'en excuser :

    les allocations versées par Pôle Emploi ne proviennent pas des impôts mais des cotisations ASSEDIC versées par les employeurs et les salariés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet, c'est un tout petite peu déplacé, mais je vais y répondre quand même. Quand je dis (avec humour, je précise), que "c'est vos impôts qui payent tout ça", je ne parle pas de ce que je touche en allocation mais du fonctionnement de Pôle Emploi. Concrètement, quand je m'actualise, je dois :
      1) m'actualiser sur internet (facile, rapide, rien à dire)
      2) attendre d'avoir reçu les fiches de paie mensuelles (deux boulots)
      3) une fois les fiches de paie reçues, en porter une à l'agence (1h aller-retour, ces nantis de chômeurs n'ont de toute façon rien à faire de leurs journées, c'est bien connu)
      4) envoyer l'autre à Arras
      5) attendre
      6) regarder mon compte en banque dégringoler au fur et à mesure de l'attente
      7) payer des agios à la banque parce que les prélèvements de début de mois ne passent pas
      8) recevoir l'allocation (date qui varie entre le 10 et le 20 du mois)
      Voilà. Je ne développe pas, je crois que c'est suffisamment parlant.

      Supprimer
  8. ma chère babeth,
    merci pour votre coeur courant, accrochez-vous ne lachez pas...le soutien moral que vous recevez ici n'est pas rien..vous devez y puiser des forces et de l'espoir..
    bien à vous

    RépondreSupprimer