lundi 18 juillet 2011

Petite maltraitance ordinaire. I

Je travaille un week-end sur quatre (ouais je sais, les fonctionnaires sont des feignasses). Chez nous, on a un roulement : week-end campagne, week-end ville, week-end mer (poétique non?). Donc, pour résumer, je fais un week-end campagne (ou ville, ou mer) toutes les 12 semaines. Vous suivez? Par conséquent, il y a des usagers que je vois très peu, à moins qu'ils ne soient dans mon planning de la semaine. Il y en a un, en particulier, que j'appellerai Monsieur A. Monsieur A souffre de la maladie d'Alzheimer (stade avancé) et est en fauteuil roulant. On intervient chez lui tous les jours pour le lever, les repas et le coucher (la toilette est assurée par les infirmières). Nous sommes nombreuses à passer chez lui.
La dernière fois que j'y suis passée, c'était début juin. Le hasard du planning avait fait que j'étais de remplacement soirée. Petite routine habituelle : repas, passage aux toilettes, toilette du soir (crème siège/talons et aide au brossage de dents) et coucher. Pas compliqué en soi, mais les transferts sont difficiles. Bon, je connais bien le monsieur, car bien que n'y allant pas souvent ça fait quand même plus d'un an qu'on intervient chez lui.
Ce dimanche, rebelote, je suis de soirée chez Monsieur A. Au moment où je mets le dentifrice sur la brosse à dents sa femme me regarde, étonnée. "Le dentifrice n'a pas bougé depuis votre dernier passage" me dit-elle. En effet, le tube est quasi-neuf, la brosse est sèche. Donc, si je compte bien, cela fait plus d'un mois que Monsieur A ne s'est pas brossé les dents.
Bien bien bien...