mardi 26 octobre 2010

Dame de compagnie?

Chez certaines personnes, on a un petit café. J'appelle ça le café-papote. On le boit vite fait, debout dans la cuisine avant de partir chez quelqu'un d'autre... ou on prend son temps, assise au salon parce que c'est la dernière intervention de la journée. Le café-papote se transforme parfois en habitude, un moment privilégié qu'on attend presque avec impatience. En tout cas, c'est le cas pour moi. J'aime les petits moments partagés, les souvenirs évoqués, les vieux albums de photos qu'on regarde délicatement. Cinq minutes, ou dix, parfois plus. Le temps ne compte plus, on a rangé le tablier et les gants, les regards se font complices, la parole se délie. En se quittant, on se fait la bise. Tout ça, bien sûr, ça reste entre nous, en principe on ne doit pas. Il ne faut pas se lier, il ne faut pas rester pour le plaisir, il faut savoir garder la bonne distance professionnelle en toutes circonstances. Mais créer du lien, c'est bien se lier non?

mercredi 6 octobre 2010

Toute première fois

Je suis arrivée dans ce métier par hasard, comme beaucoup d'auxiliaires finalement. J'avais un diplôme dans le secteur social, un boulot dans l'animation, et pas franchement d'avenir ni dans l'un ni dans l'autre. J'ai répondu à une annonce concernant un poste d'auxiliaire de vie auprès d'une dame de 90 ans, l'entretien s'est bien passé, j'ai quitté mon boulot d'animatrice exploitée et me suis plongée dans le quotidien d'une famille particulière.
La dame vivait chez son fils et sa belle-fille, belle maison dans un beau quartier résidentiel, très bonne situation professionnelle des enfants, une résidence principale, deux maisons de vacances, deux grosses et belles voitures, bref, ça allait plutôt pas mal. J'étais censée être embauchée pour un mi-temps d'auxiliaire de vie, payé au SMIC (peut-on rêver plus dans ce métier?), mais les conditions de travail ont vite changé. 8h-12h du lundi au vendredi, ça aurait dû me laisser du temps libre pour trouver un complément mais... ç'aurait été trop simple. En fait il y avait aussi les nuits, les week-end, les après-midi d'astreinte payés aux deux tiers du SMIC, les semaines complètes sans repos hebdomadaire. Le mi-temps s'est vite transformé en temps plein, sans relève, avec les inconvénients et sans les avantages.
Le travail, finalement, n'avait rien à voir avec qui m'avait été annoncé. Aide au lever, aide à la toilette et à l'habillage? Que nenni! La vieille dame était parfaitement capable de faire ça toute seule! Ménage, repassage, récurage du sol au plafond... j'ai vite été reconvertie en femme de ménage, femme de chambre, bonniche, avec bien sûr la considération qui allait avec. Mon moral en a pris un coup, je me sentais complètement inutile dans cette grande maison propre, avec cette famille mielleuse envers le Docteur et les infirmières, et tout juste condescendante envers la petite bonne en tablier que j'étais.
Vider son assiette avant de la mettre dans l'évier? La bonne le fera! Ramasser la nourriture tombée à terre? La bonne le fera! Rincer la baignoire après avoir lavé ses cheveux au thé? La bonne frottera! Fermer le sac poubelle avant de le mettre dans le bac? La bonne nettoiera le trottoir après le passage des éboueurs! J'ai tenu trois mois avant de partir en claquant la porte, en jurant que plus jamais je ne ferais ce métier.
Pourtant, sept ans après cette première expérience désastreuse, je suis à nouveau aide à domicile, mais dans d'autres conditions et avec d'autres gens. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais.

mardi 5 octobre 2010

Petites phrases et grands mots

Certaines phrases me touchent, me font réfléchir ou m'amusent. En voici quelques unes, replacées dans leur contexte.

Chez une dame de 95 ans, immobilisée après une fracture :
"C'est long de mourir. J'ai jamais demandé à vivre aussi longtemps."


Au foyer logement, alors que je demande à une dame si elle a quelques amis ici :
"Non, je suis bien avec tout le monde mais je ne veux pas m'attacher à quelqu'un car je sais qu'ils vont tous mourir."


Chez une dame qui s'est perdue en allant toute seule à un rendez-vous le matin :
"C'est quoi que j'ai comme maladie déjà?"
"Alzheimer"
"Ah oui, c'est vrai!"

samedi 2 octobre 2010

Faisons connaissance

Moi c'est Babeth, auxiliaire de vie auprès de personnes âgées, ou malades, ou handicapées, dans une charmante commune du bord de mer. C'est pas que mon boulot soit fascinant/palpitant/extravagant mais... il est humain, intéressant, touchant... et regorge de petites phrases, d'anecdotes, de situations, que je voulais consigner quelque part, histoire de ne pas les oublier.
Donc voilà, voici mon blog de rien du tout, mon blog de tranches de vies de vieux, de sourires, de réflexions.
Bonne lecture.