samedi 7 février 2015

Une tasse de thé

C'était il y a quelques années. Sur mon planning à Morteville, un nouveau nom. Deux fois une heure et demie, pour l'entretien du logement chez un très vieux monsieur, dont la femme était hospitalisée depuis quelques semaines. Les enfants se relayaient pour les courses et le ménage, mais ils avaient besoin d'un peu de répit, et le CCAS avait été sollicité.
À première vue, ça n'avait pas l'air très compliqué. Du ménage, un peu de repassage, rien de plus. Le monsieur n'était pas très causant, il allait se reposer dès que j'arrivais et se réveillait quand je partais pour signer ma feuille de présence. J'avais commencé par le grand ménage, récurage de la maison du sol au plafond, et après quelques interventions je me sentais plutôt à l'aise dans mon travail. Je connaissais la maison, je savais ce qu'il y avait à faire, cette petite routine était agréable.
Puis sa femme est rentrée de l'hôpital. Ça s'est compliqué. Madame semblait toujours de mauvaise humeur, aucun sourire ne venait adoucir son visage renfrogné. Elle me demandait toujours un truc en plus au moment où j'allais partir, était mécontente des horaires, maugréait contre un peu tout le monde. La routine était devenue moins routinière. Et moins agréable.
Pour essayer d'adoucir Madame, j'avais proposé de demander un changement d'horaires à Madame Grandchef. Aussitôt dit, presque aussitôt fait. Dorénavant, je venais un peu plus tard, après la sieste.
Monsieur se réveillait vers trois heures et lisait son journal. À quatre heures, il quittait le salon pour la cuisine, mettait de l'eau à chauffer, sortait deux tasses, et servait le thé. Monsieur et Madame buvaient leur thé sans un mot et reprenaient place au salon.
Je n'avais jamais été là à l'heure du thé. D'habitude, j'étais déjà partie à quatre heures. Ce jour-là, j'étais présente. Monsieur fit chauffer de l'eau et sortit deux tasses. Madame se leva, sembla hésiter, puis vint me voir pour me proposer un thé. Quelques mois auparavant, Madame Grandchef avait débarqué à l'improviste chez une bénéficiaire et avait trouvé une de mes collègues en train de  boire un café avec cette dernière. La collègue avait été virée le jour même. Forcément, cela n'incitait guère à se prélasser autour d'une table. Prudente, je m'apprêtai à refuser poliment, avant de me rendre compte que cette tasse de thé n'était peut-être pas que de l'eau chaude aromatisée. Cette tasse de thé, proposée par cette dame, c'était comme une trêve. Pouce, on arrête tout, on fait une pause et on reprend après. J'acceptai, tout en expliquant que je laissais le thé refroidir un peu et que je le boirais par petites gorgées en passant.
Une nouvelle routine s'installa. Deux fois par semaine, chez Monsieur et Madame, mon thé était servi dans une petite tasse blanche à fleurs bleues et je le sirotais entre le repassage et la serpillière. Parfois, ils avaient de la visite, ils prenaient le thé dans la véranda, mais n'oubliaient jamais ma tasse. Et ils défendaient à quiconque de se servir de la petite tasse blanche à fleurs bleues.
Nos relations changèrent. La confiance s'installa. Madame cessait de m'observer tout le temps, Monsieur devenait un peu plus causant. Puis je vins aussi pour les repas du midi. Je les voyais tous les jours. J'étais devenue "leur" aide à domicile. Madame commença à parler. Elle me raconta quelques bribes de sa vie, me parla de leurs premiers enfants, des jumeaux, morts avant leur premier anniversaire. Elle me parla aussi d'un amour de jeunesse, avant Monsieur, un amour secret qu'elle ne lui avait jamais avoué.
Je partis en congés et fus remplacée. À mon retour, Monsieur et Madame étaient très remontés contre le CCAS. Ma collègue ne leur avait pas plu, elle était trop ceci, pas assez cela. Ce jour-là, je fis quelque chose d'inhabituel. Je m'assis pour boire mon thé et pris un peu plus de temps que d'habitude. Madame parlait, j'écoutais. De fil en aiguille, la conversation porta sur les aides à domicile et leurs différentes façons de travailler. C'était dur pour Madame de devoir accepter de l'aide, elle avait toujours tout fait dans la maison, n'avait jamais eu besoin de personne. Elle vivait mal cette présence quotidienne d'une tierce personne depuis son retour de l'hôpital. Elle vivait encore plus mal le changement, cela l'obligeait à s'adapter à chaque personne, et à son âge... Ce jour-là, mon thé eut largement le temps de refroidir. Ce jour-là, nous eûmes une vraie discussion. Je compris à quel point le retour à la maison avait pu être violent pour elle. Rentrer chez soi et découvrir une inconnue faire tout ce que vous faisiez encore il y a quelques semaines. Se sentir dépossédée de son travail. Devoir accepter des horaires qu'on n'a pas choisis, une présence dont on ne veut pas. Faire confiance à cette petite bonne femme qui va et vient dans la maison, telle une petite souris fureteuse.
La discussion fut longue et sincère. Apaisante aussi. Pour Madame comme pour moi. Ce jour-là, je me rendis compte que je n'étais pas qu'une simple aide à domicile. J'étais aussi une intruse. Une intruse nécessaire, qu'on devait accepter, parce qu'on vieillissait, parce qu'on était malade, parce qu'on ne pouvait plus tout faire tout seul. Une intruse qu'on devait apprendre à ne pas détester. 
Ce jour-là, je compris le pouvoir d'une petite tasse blanche à fleurs bleues, et je me dis que Madame Grandchef devrait prendre le thé plus souvent.


L'image illustrant ce billet est une création d'Elise Shootthelife. Vous pouvez trouver d'autres illustrations sur sa page Facebook.

mercredi 28 janvier 2015

Il, Elle...

Elle a encore perdu ses clés.
Il ne sait plus où il a garé la voiture.
Elle cherche ses mots.

Début.

Il ne sait plus où il habite.
Elle a oublié les prénoms de ses enfants.
Il se croit en 1960.

Suite.

Elle regarde sa fourchette et ne sait comment s'en servir.
Il enfile son pyjama par-dessus son pull.
Elle sort acheter du pain à deux heures du matin.

Suite...

Il urine dans sa penderie.
Elle ne s'est pas lavée depuis deux semaines.
Il ne reconnaît plus sa femme.

Suite...

Elle mange ses selles.
Il se perd dans sa maison.
Elle crie des mots incompréhensibles.

Suite...

Il ne mange plus.
Elle ne marche plus.
Il ne parle plus.

Suite...

Elle s'efface.
Il s'oublie.
Ils disparaissent.

Fin.

dimanche 4 janvier 2015

L'enterrement

L'histoire commence ici.

Ce jour-là, je suis allée voir mon père et ma belle-mère (Madame Pasdbol) et j'ai appris une mauvaise nouvelle. En rentrant, je me souviens avoir écouté Norig à fond dans la voiture et m'être arrêtée plusieurs fois pour pleurer. Le cancer, je connaissais, il avait déjà emporté une partie de ma famille, dont ma mère. Optimisme zéro.

La suite, je l'ai racontée, et mon frère aussi. J'ai parlé de la maladie, de la mort, mais aussi des émotions que je devais apprendre à apprivoiser en tant que future soignante. Mais je n'ai pas tout raconté, parce que certaines choses étaient trop dures, ou trop sordides. Par exemple, je n'ai jamais parlé de l'enterrement.

Mon père est mort un lundi (ma mère aussi, Madame Pasdbol aussi, ça doit être une sorte de tradition). Nous avons "choisi" la date de l'enterrement en essayant de faire au mieux pour tout le monde. C'est tombé un samedi, un jour avant son anniversaire de mariage avec Madame Pasdbol. À quelques jours près, ils auraient pu fêter leur première année de mariage... mais non.

La préparation de l'enterrement, le choix du cercueil, des plaques, de la musique... tout était tellement douloureux. Il fallait prévenir tout le monde, pleurer, organiser les obsèques, pleurer, faire tout un tas de démarches administratives, pleurer, s'occuper des vivants, pleurer.
Les vivants, justement, étaient ce qui nous raccrochaient au présent, mon frère et moi. Les enfants qui couraient, qui riaient, qui jouaient, c'était la vie qui continuait, malgré tout. C'était la génération d'après. C'était quelques gouttes de joie au milieu d'un océan de tristesse.
Ces quelques jours, entre la mort et l'enterrement, c'était comme une bulle, une sorte de parenthèse. Mon père était mort, certes, mais il était encore là, je pouvais aller le voir, je pouvais le regarder, le toucher. Je pouvais encore m'asseoir à côté de lui et lui parler. Je pouvais encore faire le rêve insensé qu'il allait ouvrir les yeux, me sourire, et se relever comme si rien ne s'était passé.
Mais, entre les enfants joueurs et mon père immobile, il y avait la veuve. La veuve qui ne pleurait pas. La veuve qui reprochait à mon père mort le coût de la maladie et des obsèques. La veuve qui voulait tout bazarder. La veuve qui buvait. La veuve qui se noyait. Et dont nous devions aussi nous occuper. En plus du reste.

Mourir en été, c'est pas terrible. Les gens sont en voyage, c'est difficile de trouver à se loger dans une région un peu touristique, ils n'avaient pas prévu un enterrement dans leur planning de vacances... Bref, tout ça pour dire qu'il n'y avait pas grand-monde à l'enterrement. Une cérémonie toute simple, avec la famille réunie en rond autour d'un cercueil tout simple décoré des fleurs du jardin. Une belle cérémonie quand même, avec le chant des enfants et les textes choisis. Et cette chanson, que je ne peux plus écouter sans pleurer. C'est après que ça a merdé.

Mon père avait choisi la crémation. Madame Pasdbol, d'emblée, nous avait dit qu'elle ne viendrait pas, que c'était au-dessus de ses forces. Pour avoir vécu la crémation de notre mère, mon frère et moi comprenions que cela puisse être un moment qui semble insurmontable. Les enfants, eux, voulaient venir. Ils avaient vu leur grand-père malade, puis mort, ils voulaient être là jusqu'au bout. Les quelques "grandes personnes" qui n'étaient pas concernées ont protesté, au nom de la morale et de que sais-je encore. Les enfants ont cédé. Du coup, après la cérémonie, il n'y avait plus grand-monde de partant pour la crémation. Les enfants devaient rester à la maison, ma belle-soeur et mon mari devaient s'en occuper, le reste de la famille était fatigué et souhaitait rester avec la veuve. Certes. Nous avons redemandé à celle-ci si elle voulait venir. Non ferme et définitif. C'est donc pleins d'entrain que mon frère, mon parrain, mon bébé et moi nous sommes élancés sur la route joyeuse du crématorium (désolée, j'essaye de mettre un peu d'allégresse dans ce billet, c'est un peu morbide sinon).

Une crémation, c'est long. Long et sinistre. Et difficile. Toucher le cercueil, une dernière fois. Pleurer. Le regarder partir. Pleurer. Attendre. Pleurer. Recevoir l'urne. Pleurer. Réaliser que son père est là-dedans, dans ce récipient encore chaud. Alors qu'il y a quelques heures à peine le cercueil n'était pas fermé. Pleurer. Et rentrer. En pleurant. En se disant que cette fois c'est vraiment fini. Il n'ouvrira pas les yeux. Il ne sourira pas. Il est vraiment parti. Pour toujours.

Le retour à la maison a été l'apothéose. J'avais à peine eu le temps de descendre de voiture que mon mari s'était rué vers moi pour me dire que c'était "dégueulasse" ce qu'on avait fait à Madame Pasdbol! Hein? Quoi? Qu'est-ce qui se passe?
Ce qui se passait? Madame Pasdbol, pendant que nous pleurions notre père en attendant que tout soit vraiment fini, avait bu plus que de raison, un apéro par ci et un autre par là, et, dans un état d'ébriété avancée, titubante et bégayante, s'était plainte de ses méchants beaux-enfants qui n'avaient même pas voulu d'elle à la crémation de son cher époux. La famille endeuillée, attendrie par cette pauvre veuve sans défense, s'était bien entendu offusquée de notre attitude inhumaine. Pauvre, pauvre veuve! Et nous, quels monstres nous faisions! Nous, les enfants, les orphelins, les vilains méchants pas beaux qui osions abandonner cette pauvre femme à son triste sort alors qu'elle venait de perdre son mari...

ET NOUS ON VIENT DE PERDRE NOTRE PÈRE! ET VU QU'ON A DÉJÀ PERDU NOTRE MÈRE, ÇA VEUT DIRE QU'ON EST ORPHELINS! ET ON LE VIT UN PEU MAL! ET ON A DÉJÀ ASSEZ DE NOTRE PEINE À SUPPORTER SANS AVOIR EN PLUS L'ALCOOLISME ET LES MENSONGES DE LA VEUVE À GÉRER! BANDE DE CONS!!!

Bon, ça, c'est ce qu'on aurait voulu leur dire... mais on n'a pas osé. On s'est contentés de ravaler nos larmes et notre colère. Parce que ça n'était pas le moment. Parce que nous étions trop fatigués. Trop tristes aussi. Parce qu'on parlerait de tout ça demain, calmement. Sauf que le lendemain, ce fut pire.



dimanche 21 décembre 2014

Petites maltraitances ordinaires

En tant qu'aidante quand mes parents ont été malades, en tant que patiente hier et demain, en tant que soignante aujourd'hui, je vois et je vis ce que j'appelle des "petites maltraitances ordinaires". Vous savez, ces petites phrases prononcées nonchalamment au détour d'un couloir hospitalier, ces petites négligences dans les soins, ces petites maladresses qu'on croit sans conséquences...

On n'ose pas dire au médecin qu'un mot nous a fait mal.
On ne se plaint pas d'un soignant qu'on trouve parfois un peu brusque.
On serre les dents quand on souffre.

Mais au fait, pourquoi ne dit-on rien? De quoi a-t-on peur au juste?
Pourquoi ne pas raconter, pourquoi ne pas dire ce qui nous fait souffrir?

Je suis soignée, tu es soignant.
Je suis soignante, tu es soigné.
Parfois, nous ne nous comprenons pas. Parfois, il suffit juste de se parler, de dire qu'un geste était maladroit, d'expliquer qu'une parole était malvenue.
Parfois, c'est suffisant. Et si ça ne l'est pas, ça aura au moins le mérite d'être posé et, qui sait, de servir à d'autres.

Voilà, c'est un tout petit billet, c'est juste pour vous présenter ce nouveau blog : http://petitesmaltraitancesordinaires.blogspot.fr/

Un blog participatif, où vous pouvez venir raconter vos expériences, pour que ça puisse servir.

Parce qu'en tant que patiente, j'aurais parfois aimé qu'on me considère autrement.
Parce qu'en tant qu'aidante, j'aurais souvent eu besoin d'explications.
Parce qu'en tant que soignante, j'ai encore tant et tant à apprendre.

Vous pouvez déposer vos témoignages à l'adresse suivante : vieuxetmerveilles@hotmail.fr

Et pour ceux que le sujet intéresse, sachez qu'il y aura bientôt un #mededfr sur le sujet.



dimanche 26 octobre 2014

La vie rêvée de l'aide à domicile

On leur a dit que c'était le plein emploi.
On leur a dit qu'elles pourraient choisir leurs horaires.
On leur a dit qu'avec le diplôme elles auraient un salaire correct et une reconnaissance sociale.
Alors elles se sont engouffrées dans cette voie, les yeux fermés et le coeur vaillant.
Certaines sont retournées sur les bancs de l'école.
Elles ont passé le DEAVS (Diplôme d'État d'Auxiliaire de Vie Sociale).
D'autres ont été embauchées sans diplôme, sur la seule base de leur bonne volonté. Mais on leur a promis qu'on leur ferait faire une formation en cours d'emploi.
Elles ont découvert le monde merveilleux de l'aide à domicile.
Désenchantement.
Les situations racontées ici sont issues de divers forums de discussions consacrés aux auxiliaires de vie. Les noms et les détails des situations ont été changés pour préserver l'anonymat de celles qui témoignent.

Hier j'ai eu un accident de voiture. Je me retrouve sans véhicule et mon contrat se termine demain. Je devais être renouvelée, mais sans véhicule c'est impossible.


Le fils d'une personne chez qui je dois intervenir ce soir à 19h me reproche d'être en arrêt maladie. À l'entendre il ne peut pas compter sur moi et ne comprend pas pourquoi je suis en arrêt aujourd'hui alors que je n'avais pas l'air malade hier. Il m'a demandé d'en savoir plus sur mon arrêt.


J'ai refusé une intervention de 30mn tous les soirs à 40 km de chez moi et jai eu un avertissement.



Marre qu'ils me rajoutent des heures sur mes repos. Même pas un appel, juste un planning reçu sur mes mails en me rajoutant deux missions demain alors que je n'ai plus de voiture actuellement. Je pète les plombs.



J'ai réussi l'écrit et l'oral pour le DEAVS et on me dit qu'on ne peut plus me financer la formation. C'était vraiment mon projet, je me sens mal.



Je suis aide à domicile. Mes employeurs me demandent de signer un autre contrat qui ferait passer les indemnités kilométriques de 0.45€ à 0.15€. Les autres filles ont signé mais j'hésite.



D'habitude je suis en repos le jeudi mais cette semaine on m'a envoyée en formation jeudi donc m'ont on  m'a mis en repos lundi dernier à la place. Je travaille ce week-end et mon prochain repos est jeudi prochain donc ça me fait neuf jours de travail à la suite.



Intervenir chez une personne dont les seules informations transmises sont l'adresse, la pathologie (hémiplégie) et, je cite, "est très exigeante". Il s'avère que la personne est également aphasique. Je me suis sentie bien démunie face à cette dame que je suis censée aider et soulager alors que l'intervention n'a été que source de stress et de frustration pour toutes les deux.

Comment faites-vous pour gérer une personne atteinte d'Alzheimer? J'ai beaucoup de mal, elle est très agressive avec moi. Hier quand je suis partie de chez elle j'en avais mal au ventre tellement j'en avais pris pour mon grade, du style que je suis là pour nettoyer sa merde et que je suis payée pour ça. J'ai essayé d'en discuter avec ma responsable mais elle me dit que c'est la maladie qui veut ça.


Une de mes collègues a refusé une intervention ce week-end car elle n'avait pas les moyens de faire garder son fils. Pas assez d'heures mensuelles, pas de compagnon, seule pour élever son enfant. Elle a le statut d'aide à domicile et on lui demande de travailler le soir pour repas et mise au lit.

Je viens d'appeler mon chef de secteur pour déplacer un rendez-vous pour la préparation de mon prochain oral pour passer la VAE du DEAVS et il me répond que si c'est accordé ils me prennent un congé payé.

Ils ont LE DROIT , ou devrais-je dire TOUS les DROITS. La journée de congé payé ils la prennent alors que vous êtes en formation oui oui ils ont le DROIT. Je craque, je craque et je les HAIS!



Je suis auxiliaire de vie à temps plein dans une association. Arrivant en fin d'année, nous avons passé une année avec des plannings surchargés. J'ai plus de 200 heures supplémentaires. Ils nous disent qu'au bout de deux refus d'interventions nous aurons un blâme et au bout de trois blâmes une mise à pied.


Je suis en congés du lundi 22 au dimanche 28 (congés acceptés par ma responsable). Or, en recevant mon planning des interventions des week-end, je constate que je dois travailler le dimanche 28.



Je suis embauchée depuis mai en CDI, ils m'ont fait plein de promesses. Au début, j'ai remplacé les absentes et j'ai fait beaucoup d'heures (au moins 50h/semaine). À présent je fais peu d'heures car les absentes sont revenues, elles ont repris « leurs » bénéficiaires. Ils embauchent des nouvelles au lieu de me rajouter des heures, je ne comprends pas leur façon de faire. Je ne fais que du ménage et je remplace souvent quand il n'y a personne d'autre. Je suis démotivée, d'autant plus que je suis la seule à avoir le DEAVS, et en plus payée au SMIC. Sur ma fiche de paye, la qualification, le coef, néant, il y a juste marqué assistante.



Je suis aide à domicile. Nous devrions avoir 11h/an de temps de soutien. À ce jour j'ai eu deux réunions d'une heure, que je ne nommerai pas de temps de soutien car concrètement il s'agit plutôt de rappels à l'ordre de la direction. En même temps il y a des choses que j'aimerais exprimer et que je garde sur le cœur car je ne me sens pas d'en parler pendant ces réunions.



Je suis aide à domicile, je dois me rendre chez un client mais pour cela il faut que je passe avant au bureau chercher les clés. Après la prestation je dois retourner au bureau rendre les clés avant de me rendre chez le client suivant. Ce n'est pas compté en temps de travail effectif et les kilomètres ne sont pas indemnisés.



Chez nous la remise des plannings et le temps pour les transmissions d'informations ne sont pas comptés.



La dame chez qui j'interviens me fait sans cesse des reproches et ne me dit même pas bonjour quand j'arrive. Elle est tout le temps derrière moi à se plaindre et à me dire que je ne sais pas travailler. Elle me fait lessiver les murs, nettoyer la cuisinière, les faïences, la baignoire... « pour me faire chier » (ce sont ses mots). À force de me faire humilier et rabaisser j'en ai parlé à ma responsable car je refusais d'y retourner. Il y a eu confrontation, la bénéficiaire est allée jusu'à gifler ma responsable... mais je dois quand même y retourner. J'en suis malade.



J'ai eu un PV de 17€ pour stationnement car temps dépassé. C'était pendant une intervention à domicile. Nous n'avons pas de macaron et mon employeur refuse de m'indemniser.



Je suis en déficit d'heures depuis quatre mois et ma responsable de secteur me dit qu'ayant le diplôme je coûte plus cher. Les collègues n'ayant pas de diplôme coûtent moins cher et sont, elles, en excédent d'heures. Elle me met une certaine pression en me rappelant de rattraper cela, quitte à faire des heures et des kilomètres.


J'interviens chez une dame en GIR1. Les limites de mes compétences sont largement dépassées. J'ai fait une fiche de signalement mais mon asso ne veut pas que j'arrête le dossier car ça me ferait perdre des heures. Il n'y a pas de lit médicalisé et la personne est vraiment difficile à manipuler du fait de sa maladie. Il faudrait y aller à deux mais personne ne veut rien savoir, mon supérieur a menacé de me licencier si je continuais à me plaindre.



Mon employeur est décédé. Son frère, qui était son tuteur, ne m'a pas payée le dernier mois, ce qui représente 176 heures. De plus, il ne m'a pas remis le document de fin de contrat. Il me dit que le compte est bloqué et que c'est le notaire qui s'occupera de tout ça. Je n'ai plus de travail, rien pour le prouver, et pas de salaire. Que faire ?



Planning du lundi : 9h15 – 10h15 puis 12h30 – 13h15 puis 16h30 – 17h puis 20h – 20h30. 2H45 de payées et 3h de déplacements non indemnisées.



Ma responsable m'a appelée à 10h pour me donner une mission de 15h à 17h. N'ayant personne pour aller chercher mon fils à l'école, j'ai dû refuser. Elle me soutient qu'étant en dessous de mon quota d'heures pour le mois, si je refuse cette mission elle m'enlèvera deux heures sur mon salaire.



J'interviens 5 fois par semaine chez un monsieur qui s'alcoolise et qui a des gestes déplacés (tentatives d'attouchements). J'ai prévenu ma responsable mais celle-ci continue de m'envoyer chez lui car personne d'autre ne veut y aller. Je me sens mal, je ne peux plus rien avaler, j'ai mal au ventre. Je ne me sens ni écoutée ni soutenue.



Je travaille du 5 au 15 mars inclus, sans interruption, ce qui fait 55h de travail sans un jour de repos. Puis du 25 au 31, sans repos également. Ça me fatigue d'avance, je ne suis pas sûre de tenir.



Je suis AVS. Lors du transfert d'un patient mon dos s'est bloqué. Le médecin m'a prescrit un arrêt. Suite à cet accident j'ai demandé à mon employeur (le patient qui m'emploie en CESU) un lève-malade mais cela a été refusé. Je le soupçonne de vouloir me licencier car d'après lui je ne peux plus effectuer les tâches qui me sont demandées. En a-t-il le droit ?



Ça fait deux semaines que je bosse pour une association et je n'en peux plus. Je suis épuisée, lessivée. Je commence tous les jours à 8h pour finir à 20h avec un trou de 14h à 17h.

Je suis aide à domicile sans diplôme. J'interviens chez une personne pour une toilette complète au lit. Elle a fait un AVC et ne peut même pas tenir un gant. Je lui mets les médicaments au coin de la bouche pour qu'elle les avale. Que se passe-t-il en cas de problème?

J'ai obtenu le DEAVS grâce à une VAE que j'ai effectuée en dehors de mon temps de travail, avec financement personnel. Mon employeur refuse de changer ma fiche de poste car il m'a embauchée en tant qu'aide à domicile et non en tant qu'auxiliaire de vie. Huit ans d'ancienneté dans cette boîte.

Commencer à 7h et finir à 20h30. Je suis fatiguée.

D'après ma responsable de secteur il est tout à fait normal de ne pas avoir de repos quand on travaille le week-end, ce qui nous fait donc douze jours d'affilée. C'est normal?

J'ai un week-end de repos pour quatre semaines de travail, c'est normal?

Mon employeur ne me fournit pas de gants, ni pour le ménage ni pour les toilettes, et encore moins de solution hydro-alcoolique. J'achète tout moi-même.

Je n'ai mon planning que le jeudi ou le vendredi pour la semaine suivante, ça me pose souvent des problèmes d'organisation.

Je suis auxiliaire de vie. J'ai un contrat de 120h/mois mais mon patron veut le réduire. Comme j'ai refusé, il m'a quand même enlevé une trentaine d'heures et me fait faire le ménage dans les bureaux.

J'ai mon diplôme d'auxiliaire de vie mais suis payée en tant qu'aide ménagère.

Je suis aide à domicile non diplômée. J'interviens chez une dame handicapée très dépendante. Je prépare son pilulier, écrase les médicaments, les lui donne, la fais manger, lui fais sa toilette, l'habille, fais son ménage, son repassage... Si je compte les heures de présence effective et de présence responsable, ça me fait du 6€ de l'heure.

Dans mon association les nouvelles font deux jours de tournée avec une ancienne puis sont larguées sans fiche de poste. Elles ont juste une adresse et doivent se débrouiller avec. Elles sont jeunes, souvent débutantes, et sont stressées.

C'est en passant au bureau à midi que j'ai vu que mon planning avait changé. J'aurais dû me trouver chez une nouvelle bénéficiaire pour une aide au repas à 11h30, mais je n'étais pas prévenue. J'y suis allée en vitesse, je n'ai pas eu de pause-repas.

Une bénéficiaire refuse que j'ouvre les fenêtres car elle a peur que ses chats se sauvent. Le sol est couvert d'urine et d'excréments de chats et de chiens. J'ai prévenu ma responsable mais celle-ci me dit que c'est à moi d'être plus convaincante. 

Des témoignages de ce genre, il y en a des dizaines, que dis-je, des centaines. Ces femmes sont "le pilier du maintien à domicile", tant vantées par nos chers élus. Elles sont celles qui viennent aider votre grand-père, veuf depuis peu, à préparer ses repas. Celles qui viennent aider votre mère à s'habiller tous les matins. Celles qui font les courses de votre voisine. Celles qui écoutent patiemment votre tante raconter pour la cent-douzième fois comment elle a perdu son chat. Celles qui emmènent votre grand-oncle voir la mer parce que tout seul, sans voiture, il ne peut plus. Celles à qui on a promis un travail et une valorisation de celui-ci et qui se retrouvent à nettoyer la merde du chat chez une alcoolique acariâtre. Celles qui élèvent seules leurs gosses et qui n'ont pas le droit de se plaindre quand Pervers Pépère leur tripote les fesses en passant. Celles à qui l'on conseille une formation professionnelle diplômante mais à qui le financement est refusé. Celles qui ne prennent pas de congés parce qu'elles jonglent entre trop d'employeurs. Celles qui mangent froid tous les jours parce qu'elles n'ont même pas une salle de repos à leur disposition. Celles qui doivent parfois se cacher pour aller aux toilettes chez les bénéficiaires parce que certains leur refusent ce droit. Celles qui se reposent dans leur voiture parce qu'elles habitent trop loin pour rentrer. Celles qui refusent un arrêt-maladie parce qu'elles n'ont pas les moyens de ne pas travailler. Celles qui donnent leur salaire à la nounou pour qu'elle s'occupe de leur famille pendant qu'elles s'occupent de celle des autres. Celles qui rentrent épuisées chez elles après une journée passée dehors pour laquelle elles ne seront payées que quatre heures. Celles qui, malgré tout, aiment leur métier car il est riche de belles rencontres.

On parle beaucoup de maltraitance envers les personnes âgées, on parle moins de maltraitance envers les aides à domicile. Et pourtant, elle existe. Conditions de travail indignes, salaires de misère, horaires à rallonge... Mépris, humiliations, indifférence.

"Le travail c'est la santé"

Ah bon?

samedi 20 septembre 2014

Quand je serai vieille...


Quand je serai vieille, je ne veux pas qu'on m 'appelle « ma ptite dame » ou « ma jolie ». Je veux être respectée et conserver mon identité jusqu'à la fin. Je ne veux pas qu'on me retourne dans tous les sens sans même me prévenir pendant les soins. Je veux qu'on me touche avec douceur et qu'on m'explique ce qu'on me fait. Je ne veux pas qu'on me juge et qu'on dise de moi que je suis difficile ou compliquée. Je veux qu'on me traite avec bienveillance et qu'on accepte que je ne sois pas toujours de bonne composition.

Quand je serai vieille, je ne veux pas dormir dans des draps d'hôpital, je veux mon linge de lit. Je ne veux pas être lavée au gant jetable, je veux mes affaires de toilette. Je ne veux pas qu'on me serve mes repas dans des barquettes en plastique, je veux une jolie vaisselle comme à la maison.


Quand je serai vieille, je ne veux pas d'une couche, je veux une protection. Je ne veux pas d'un bavoir, je veux une grande serviette. Je ne veux pas d'un verre canard, je veux un verre ergonomique.


Quand je serai vieille, je ne veux pas qu'on parle devant moi comme si je n'étais pas là. Je veux pouvoir discuter avec ceux qui s'occuperont de moi. Je ne veux pas qu'on s'empare de mon fauteuil sans me prévenir pour m'embarquer à toute vitesse à l'autre bout du couloir. Je veux qu'on m'annonce qu'on va changer de pièce et qu'on chemine à un rythme qui ne me donne pas le vertige. Je ne veux pas qu'on me dise de faire dans ma protection sous prétexte que je suis trop longue à installer aux toilettes. Je veux que mes besoins élémentaires soient respectés et ma dignité conservée.


Quand je serai vieille, je marcherai moins bien, j'entendrai moins bien, je comprendrai moins bien. Mais je serai toujours capable d'aimer telle ou telle personne, d'avoir envie de tel ou tel menu, d'avoir peur de tel ou tel événement.

Quand je serai vieille, je veux juste qu'on ne m'enlève pas le droit d'être moi.

samedi 13 septembre 2014

Bravoooooo! (suite)

Bon... Il faut que je revienne sur le billet Bravoooooo!

Je comptais faire une réponse reprenant quelques commentaires tirés de facebook mais j'avoue que je n'ai pas le courage de les recopier ici (c'est surtout que je manque de temps en fait, ça me prendrait des heures!)
J'avoue avoir été surprise par la violence de certaines réactions. Juste pour le plaisir, en voici quand même quelques unes :
"Ahah ça se voit qu'elle n'est qu étudiante parce qu'elle n'a rien compris. Elle parle de sujets qu'elle ne connaît pas et elle généralise."
"texte aussi idiot inutile et dénué de connaissances."
"vous compter dire au soignants ce qu'ils faut dire aux soignés sans leur laisser parler avec leur spontanéité et leur coeur ?"
"Que de caricature dans ce texte... Hâte de vous voir en poste"
"Sans intérêt..... Encore un étudiant qui se sent mieux pensant que les soignants... "
"Pffff et elle se croit drôle avec son mot de pseudo esprit.... "
"on verra bien quand elle sera diplômée depuis plusieurs année comment elle se comportera spontanément!"
"Et je pense que cette personne à écrit ce texte plus pour faire plaisir ou bien paraitre au yeux de sa formatrice . ( donner des petits surnoms ou être amical et familier relève d'une sorte de maltraitance ) . Que pour elle même ."
Car avec l'expérience elle changera surement d'avis" (celui-là je l'adore!)

"Oui on les infantilise et alors ??" (celui-là aussi)

J'arrête ici, j'ai le tournis. Vous pouvez lire la suite ici et . Et en passant, je rebondis sur ce commentaire : 
"J'espère au moins que tous ces commentaires, lui permettront de se questionner, de questionner les soignants, pour ensuite un second texte avec un peu plus de professionnalisme. "
Donc, allons-y pour un texte un peu plus "professionnel".

1) Oui, je me questionne. Et même, je ne fais que ça. Tout le temps. Au boulot. En voiture. À la maison. En faisant mes courses. En mangeant ma purée... 
Beaucoup de mes phrases commencent "Au fait je pensais à un truc tout à l'heure..."  
C'est fatigant. Pour moi comme pour les autres (j'avoue). Je ne souhaite à personne d'être dans ma tête, parce que toutes ces questions tournent et retournent sans cesse. Et pour toutes ces questions, il me faut des réponses. Alors je lis, j'interroge, je réfléchis. Et ça aussi c'est fatigant. D'ailleurs, parfois, j'aimerais bien me poser un peu moins de questions. Ça me rendrait la vie plus facile. Et le boulot aussi. Surtout le boulot d'ailleurs. Parce que bon, faut quand même que je précise une "petite" chose, et j'en arrive au...

2) Non je ne suis pas une jeune étudiante écervelée qui arrive en fanfare pour sortir son discours prêchi-prêcha aux soignants aguerris. Je suis aide-soignante, diplômée (bon, le site infirmiers.com est resté sur l'ancienne présentation, pas grave, les réactions concernant ces branleurs d'étudiants étaient très intéressantes), et je travaille en EHPAD.
Avant ça, j'étais auxiliaire de vie, non diplômée, et je travaillais à domicile avec des personnes âgées.
Encore avant j'étais monitrice-éducatrice, diplômée, et je travaillais en institution avec des personnes handicapées.
Encore encore avant j'étais "rien du tout", non diplômée, et je travaillais en crèche avec des enfants.
Accessoirement, j'ai deux enfants, mais ça on s'en fout (un peu). J'en arrive donc au...

3) Avec tout ça, ça commence à faire un certain nombre d'années que je travaille avec des publics dits "fragiles", et ça fait tout autant d'années que j'exècre le parler-bébé et la gagatisation. Et quand bien même je serais une jeune étudiante fraîchement arrivée dans son IFAS, qu'est-ce que ça changerait? Il n'y a que les professionnels diplômés ayant dix ans d'expérience qui ont le droit de parler? Les autres doivent attendre leur tour? Belle mentalité. Je comprends mieux la souffrance des stagiaires... À en croire certains, il y aurait donc d'un côtés les jeunes cons prétentieux, et de l'autre les vieux sages aguerris? Et c'est moi qu'on taxe de manichéisme?

4) Ce billet, je l'ai écrit un peu à la va-vite, je l'avoue. Alors oui, il est sans doute caricatural (j'assume), peut-être prêchi-prêcha (j'assume aussi), mais "idiot", "inutile", "dénué de sens et de connaissances"... ça, Votre Honneur, je proteste! Parce que bon, je suis peut-être une jeune conne arrogante dénuée de bon sens, mais le sujet traité ici n'est pas pour autant si dénué d'intérêt que ça, n'en déplaise à tous les parfaits professionnels qui l'ont commenté. D'ailleurs, l'infantilisation des personnes âgées a déjà été traitée de nombreuses fois, c'est donc qu'il y a matière à y réfléchir non? En cherchant un peu, il y a plein d'articles disponibles un peu partout. Rassurez-vous, ils n'ont pas été écrits par des étudiants arrogants mais par des psychologues, des médecins, des aidants... Bref, des gens qui ne sont pas forcément des élèves arrogants et imbus d'eux-mêmes.
Comme je suis sympa, je vous mets quelques liens : 

http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=JDP_256_0034

http://www.soignantenehpad.fr/pages/maltraitance/le-parler-pepe-et-meme-en-e-h-p-a-d.html

http://www.soignantenehpad.fr/pages/maltraitance/ou-commence-la-maltraitance.html

http://www.evolute.fr/relation-aide/infantilisation-personnes-agees 

5) Il y a un truc que j'aime bien, c'est la communication. Apprendre à donner un point de vue et à recevoir celui de l'autre. Apprendre à se parler sans s'agresser. Apprendre à écouter des arguments. Apprendre à s'informer aussi. S'il y a bien un métier où je trouve la communication essentielle, c'est celui de soignant. Parce qu'on travaille avec et pour d'autres. Parce qu'on s'enrichit de nos expériences. Parce qu'on essaie de progresser. Parce qu'on peut se tromper. Je suis sans doute une incorrigible naïve, mais je crois dur comme fer aux bienfaits du dialogue et de l'échange d'idées, dans le calme et le respect de chacun. Il ne me viendrait pas à l'esprit d'aller pourrir un(e) collègue parce que je ne suis pas d'accord avec ses idées. Mais bon... Je suis une incorrigible naïve.

6) J'écris sur ce blog depuis un petit moment. J'y raconte une expérience, la mienne, j'y parle de valeurs, les miennes. Je ne force personne à venir lire, je n'oblige personne à être d'accord avec ce que j'écris. C'est un espace de liberté, mon espace. Et quand je vois des collègues utiliser le parler pépé-mémé avec des résidents, je ne les prends pas dans un coin pour leur dire ma façon de penser. C'est leur façon de faire, leur façon d'être, ça ne me regarde pas. Par contre, si on aborde le sujet et qu'ils/elles me parlent d'une étude expliquant que c'est bénéfique, je pense que j'aurai la décence d'aller lire l'étude en question afin de confronter nos points de vue.

7) Je fais des erreurs, comme tout le monde. J'essaie, je me trompe, j'essaie autre chose. Parfois je me trompe encore. Je tâtonne, je cherche, j'apprends. Et j'espère apprendre pendant longtemps encore. J'espère n'avoir jamais de certitudes, laisser mon esprit ouvert à d'autres apprentissages, d'autres façons de faire. J'essaie de faire comme Socrate : en admettant que je ne sais pas, j'accepte d'apprendre. Alors que si je suis sûre de savoir, je dois d'abord désapprendre pour pouvoir apprendre à nouveau. Et si un jour je suis pétrie de certitudes, si j'estime que je n'ai de leçon à recevoir de personne, je ne manquerai pas d'aller le clamer sur les réseaux sociaux en incendiant les élèves et les débutants, ces morveux qui croient tout savoir mieux que tout le monde!
 
PS : je ne parle même pas des pseudo-références scientifiques qui justifieraient l'infantilisation, étant donné qu'aucune source n'était citée.